IKEA LACKRAK : Le meuble du Geek
Vous avez prévu une virée chez IKEA ce week-end ? Vous pouvez en repartir avec une baie 19 pouces pour moins de dix euros. Le LackRack repose sur une coïncidence industrielle savoureuse : l'espace entre les pieds de la table d'appoint LACK correspond presque au millimètre à la largeur d'un rack informatique standard.

Une coïncidence à 48 centimètres
La norme EIA-310 qui régit le matériel rackable impose 19 pouces, soit 482,6 mm, entre les oreilles de fixation. Les pieds de la LACK 55x55 cm sont espacés d'environ 480 mm. Personne chez IKEA n'a conçu cette table pour cela, mais le résultat est là : un switch, un panneau de brassage ou un onduleur rackable se glisse entre les pieds sans la moindre découpe.
Le concept a été présenté publiquement en janvier 2010, lors de l'événement hacker eth0:2010 Winterlan aux Pays-Bas[1]. Depuis, il est devenu un passage obligé du homelab, au même titre que le premier Pi-hole ou la première VM Proxmox.
Ce dont vous avez besoin
Une table LACK 55x55 cm, et rien d'autre pour la version minimale. Vous la montez selon la notice IKEA, vous la retournez ou la posez sur le côté, puis vous faites glisser votre matériel entre les pieds. Les vis de fixation viennent directement dans le panneau de particules.
Un manuel de montage complet, dessiné dans le style des notices IKEA, est disponible en PDF[2]. Comptez une quinzaine de minutes en tout.
Le budget
La table d'appoint LACK 55x55 cm blanche est affichée à 9,99 € sur ikea.fr. À titre de comparaison, une baie murale 6U d'entrée de gamme démarre autour de 80 à 100 €.
Si vous voulez soigner la finition, prévoyez en plus une paire de bandes de rack percées et quelques écrous cage, pour une vingtaine d'euros. Cela évite de visser directement dans l'aggloméré et rend le montage réversible.
Les limites à connaître
Le LackRack est une bonne idée, pas une baie professionnelle. Trois points méritent votre attention.
Les pieds sont creux. Ils sont constitués de panneau de particules avec un intérieur alvéolaire. Une vis à bois y tient correctement le temps d'un switch de 2 kg, beaucoup moins bien sous charge répétée. Deux parades classiques : injecter de la résine époxy dans le pied avant perçage, ou traverser le pied de part en part avec un boulon, une rondelle et un écrou côté extérieur.
Il n'y a pas de rails. Votre matériel est tenu uniquement par ses oreilles avant, en porte-à-faux. Cela convient parfaitement aux switchs, panneaux de brassage et boîtiers courts. Cela devient déraisonnable pour un serveur 2U profond de quinze kilos, qui exercerait un effet de levier considérable sur quatre planches d'aggloméré. IKEA annonce d'ailleurs une charge maximale de 10 kg sur le plateau.
Le volume utile reste modeste. Les pieds mesurent 45 cm, ce qui laisse environ 8U exploitables une fois la structure montée. Pour aller plus loin, empilez plusieurs LackRacks : ils se superposent naturellement, et rien ne vous empêche de les décaler en pyramide, une option que peu de baies commerciales proposent.
Les variantes
La table basse LACK 118x78 cm constitue l'« Enterprise Edition » : presque deux fois plus profonde, elle permet d'utiliser ses deux petits côtés comme façades de rack simultanément, et embarque une tablette intermédiaire.
D'autres meubles IKEA affichent des cotes proches du 19 pouces, la table de chevet ODDA notamment, mais la LACK reste le meilleur rapport coût / disponibilité / hauteur utile.
Faut-il se lancer ?
Si vous débutez votre homelab et que votre switch traîne au sol derrière le canapé, oui, sans hésiter. Pour dix euros, vous obtenez quelque chose de propre, de déplaçable et de parfaitement présentable dans un salon. Le jour où vous passerez à du matériel lourd, vous investirez dans une vraie baie, et votre LackRack finira en table d'appoint. Ce qui reste, après tout, sa vocation première.
La page de référence du projet est maintenue sur le wiki eth0, qui recense également les autres meubles IKEA compatibles 19 pouces. ↩︎
Manuel de montage du LackRack au format PDF, dessiné dans le style des notices IKEA. ↩︎


